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DVF immobilier : comment exploiter les données pour estimer comme un pro (prix immobiliers réels)

DVF, c'est la base officielle des ventes immobilières. Apprenez à la récupérer, la nettoyer et en tirer des comparables fiables pour vos estimations : filtres, €/m², outliers, cas pratiques et limites à connaître.
Modifié le
17
February 2026
Créé le
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La DVF immobilier (Demande de Valeurs Foncières) est l'un des meilleurs leviers pour produire une estimation solide parce qu'elle repose sur des prix immobiliers réels : des ventes enregistrées, pas des annonces. Pour un mandataire, c'est un super pouvoir... à condition de savoir filtrer, nettoyer et interpréter correctement.

Si vous avez déjà ouvert la DVF "brute" et refermé aussitôt (fichiers lourds, colonnes obscures, lots, dépendances...), rassurez-vous : c'est normal. L'objectif de ce guide est simple : vous donner une méthode claire et répétable pour transformer DVF en comparables défendables en rendez-vous vendeur.

Pour compléter, vous pouvez aussi lire notre définition et les bases du sujet dans notre article sur la DVF. Et si vous voulez une approche "terrain + outil" pour cadrer vos rendez-vous, notre guide sur l'estimation immobilière vous aidera à structurer la méthode.

Analyse de données immobilières sur ordinateur

DVF immobilier : à quoi ça sert (vraiment) quand on estime ?

DVF répond à une question ultra concrète : "À combien se vendent réellement des biens comparables, ici, récemment ?"
Et c'est exactement ce qui manque quand on se base uniquement sur :

  • des annonces (prix affichés ≠ prix signés),
  • des "moyennes" trop larges (commune entière, département...),
  • des intuitions non chiffrées (difficiles à défendre face à un vendeur).

Avec DVF, vous pouvez :

  • prouver une fourchette de prix avec 5 à 10 ventes comparables,
  • expliquer un positionnement (au-dessus / au-dessous) avec des ajustements rationnels,
  • anticiper les objections ("Mon voisin a vendu 520k !" → oui, mais pas le même lot / pas la même période / pas le même type de mutation).

Et en bonus, DVF vous sert aussi à :

  • détecter des micro-marchés (rue, résidence, secteur scolaire),
  • repérer des tendances (accélération, décote, stabilisation),
  • produire des contenus "expert local" (quartier, ville, prix au m²).

Où récupérer les données DVF (sans vous noyer)

Il existe plusieurs façons d'accéder à DVF. L'astuce, c'est de choisir le bon niveau selon votre besoin.

1) Pour une vérification rapide : l'app DVF sur carte

Si vous voulez vérifier 3 ventes autour d'une adresse, l'outil le plus simple est l'exploration via carte.

👉 Lien direct (ouvre un nouvel onglet) :
Application DVF (carte des ventes)

Quand l'utiliser :

  • avant un rendez-vous vendeur,
  • pour vérifier un argument "le voisin a vendu..."
  • pour cadrer une fourchette en 10 minutes.

Limite : c'est parfait pour explorer, moins pratique pour faire des analyses massives (médiane, tendance trimestrielle, nettoyage avancé).

2) Pour travailler proprement : les fichiers DVF "bruts"

Vous téléchargez les millésimes DVF, puis vous filtrez (Excel / Google Sheets / scripts).

👉 Lien (nouvel onglet) :
Jeu de données DVF (fichiers bruts)

Bon à savoir :

  • les fichiers sont volumineux,
  • le séparateur est souvent un caractère "|",
  • il faut prévoir un minimum de nettoyage.

3) Pour exploiter sur carte + tableur : la DVF géolocalisée (CSV)

C'est souvent le meilleur compromis pour un usage "pro" : les lignes sont géolocalisées, et l'exploitation en SIG / BI est plus fluide.

👉 Lien (nouvel onglet) :
DVF géolocalisée (CSV)

4) Pour les analyses avancées : DVF+ (Cerema)

DVF+ (Cerema) propose une structuration et une géolocalisation pensées pour l'observation des marchés, très pratique si vous faites du SIG ou de la data à grande échelle.

👉 Lien (nouvel onglet) :
DVF+ open data (Cerema)

Les champs DVF à connaître pour estimer (sans devenir data scientist)

Vous n'avez pas besoin d'utiliser 100% des colonnes. Pour une estimation "pro", concentrez-vous sur les variables qui changent vraiment la lecture.

Les indispensables

  • Date de mutation : la fraîcheur du comparable (3-12 mois idéal selon marché).
  • Valeur foncière (prix) : le montant de la mutation (attention aux lots).
  • Type de local : maison / appartement / dépendance / local...
  • Surface réelle bâti : base fréquente pour le €/m² (mais pas parfaite).
  • Nombre de pièces principales : utile pour distinguer T2 vs T3, etc.
  • Adresse / code postal / commune : pour votre périmètre et la micro-localisation.
  • Nature de mutation : vente, VEFA, adjudication... (à filtrer selon objectif).
  • Nombre de lots / détails lots : crucial pour éviter les faux comparables.

Les pièges fréquents

  • Une "vente" peut inclure plusieurs lots (appartement + cave + parking).
    Si vous comparez un T3 "sans parking" à une vente qui inclut 2 parkings, votre €/m² est biaisé.
  • Surface réelle bâti peut être manquante ou peu représentative selon biens atypiques.
  • La DVF ne connaît pas l'état du bien (rénové, à refaire, vue, bruit, étage réel...).
    DVF donne la base "marché", pas la nuance "produit".

Étape 1 - Définir votre périmètre de comparables (la règle des 3 filtres)

Avant de calculer quoi que ce soit, posez 3 filtres. Sans ça, vous comparez des choses incomparables.

Filtre A : le temps (la fraîcheur)

  • Marché stable : 12 à 24 mois peuvent être exploitables.
  • Marché mouvant : privilégiez 3 à 12 mois.

Astuce rendez-vous : "Je vous montre les ventes les plus récentes et les plus proches, pour éviter les moyennes qui ne reflètent pas votre rue."

Filtre B : la géographie (la micro-localisation)

DVF est redoutable quand vous descendez à l'échelle :

  • rue / pâté de maisons,
  • résidence,
  • secteur scolaire,
  • proximité métro / tram / gare,
  • nuisances (axes passants, voies ferrées).

Exemple GEO :

  • Paris : raisonnez par arrondissement + quartier + rue.
  • Lyon : une rue de la Presqu'île ne se compare pas à un secteur plus excentré, même à surface égale.
  • Bordeaux / Nantes / Lille : les effets "quartier" sont souvent plus forts que l'effet "ville".

Filtre C : le produit (type + gabarit)

À minima :

  • même type (maison vs appartement),
  • même tranche de surface (ex. ± 15%),
  • même logique d'usage (résidentiel standard vs atypique).

Étape 2 - Nettoyer DVF : la checklist qui change tout

C'est ici que la plupart des estimations "DVF" se plantent : on prend tout, on calcule un €/m², et on obtient une moyenne trompeuse.

1) Écarter les mutations non pertinentes

Selon votre objectif, vous pouvez exclure :

  • adjudications,
  • ventes très atypiques,
  • échanges / expropriations (si présents selon extraction),
  • VEFA si vous estimez de l'ancien (ou au minimum les isoler).

2) Distinguer les dépendances et annexes

Caves, parkings, boxes peuvent :

  • être inclus dans le prix,
  • apparaître en lots,
  • fausser votre comparable.

Règle simple :

  • si vous ne savez pas ce que la vente contient, ne la prenez pas comme comparable principal.
  • gardez-la en "indication secondaire".

3) Traiter les multi-lots intelligemment

Une mutation peut regrouper :

  • un appartement + cave + parking,
  • deux appartements vendus ensemble,
  • un lot + une dépendance valorisée.

Conduite pro :

  • soit vous isolez les ventes "mono-lot" (les plus propres),
  • soit vous acceptez les multi-lots mais vous les utilisez comme "plafond" ou "plancher" après vérification.

4) Sortir les outliers (valeurs aberrantes)

Les ventes anormalement basses ou hautes arrivent (erreurs, ventes familiales, biens atypiques, volumes).
Sans tableur complexe, utilisez une règle robuste :

  • calculez la médiane des €/m²,
  • repérez les valeurs trop éloignées,
  • gardez un échantillon "propre" de 5 à 15 ventes.

Règle pratique (très simple) :
- Prenez 10 ventes proches
- Calculez €/m²
- Écartez les 2 plus hautes et les 2 plus basses
- Travaillez sur les 6 restantes

Étape 3 - Calculer un €/m² utile (et pas "magique")

Le €/m² DVF est une boussole, pas une vérité. Il faut l'utiliser avec méthode.

La formule de base

€/m² = Prix de vente / Surface réelle bâti

Quand le €/m² est trompeur

  • biens avec grande terrasse / jardin : la valeur n'est pas "dans le m² habitable" uniquement,
  • biens très petits (studios) : €/m² souvent plus élevé,
  • biens atypiques : loft, dernier étage avec vue, etc.

La meilleure pratique : la fourchette argumentée

Au lieu de sortir "un prix", sortez :

  • un plancher (comparables les moins valorisés),
  • un cœur de marché (médiane),
  • un plafond (meilleurs comparables, ou multi-lots vérifiés).

Ça vous protège en négociation, et c'est plus crédible face à un vendeur.

Étape 4 - Construire des comparables "défendables" (méthode pro en 7 points)

Voici une méthode que vous pouvez appliquer partout (Paris, Lyon, campagne, littoral).

1) Sélectionnez 15 ventes, puis réduisez à 7-10

  • proche géographiquement,
  • récente,
  • même type de bien.

2) Faites une colonne "qualité du comparable"

Notez chaque vente :

  • "A" = comparable très proche,
  • "B" = proche mais incertain (lot, dépendance, atypique),
  • "C" = trop éloigné (à écarter).

3) Gardez 5 comparables A (idéal)

En rendez-vous vendeur, 5 comparables A suffisent à prouver une fourchette.

4) Ajustez avec 3-5 critères simples

Vous n'avez pas besoin de 20 ajustements. Choisissez les plus parlants :

  • état (rénové / à rafraîchir / à refaire),
  • extérieur (balcon, terrasse, jardin),
  • stationnement,
  • étage + ascenseur (pour appartement),
  • nuisances / vue.

5) Expliquez l'ajustement avec des mots "vendeur-friendly"

Pas besoin de jargon :

  • "Ici, même surface mais avec balcon + parking → on est au-dessus"
  • "Ici, même immeuble mais rez-de-chaussée sur rue → on est en dessous"

6) Produisez une fourchette de prix, pas un chiffre

  • Fourchette = moins de résistance
  • Chiffre unique = plus d'objections

7) Concluez avec une stratégie de mise en marché

DVF vous donne la base. Votre expertise donne la stratégie :

  • prix d'appel,
  • marge de négociation,
  • scénario d'ajustement à 15 jours / 30 jours.

Cas pratiques : comment DVF change votre estimation

Cas 1 - Appartement à Paris : l'effet "micro-rue" (très fort)

À Paris, la distance de 300 mètres peut suffire à changer la clientèle, l'immeuble type et le prix au m². La DVF vous aide à :

  • isoler les ventes dans la même rue / résidence,
  • distinguer les étages / ascenseurs par vérification terrain,
  • éviter les moyennes d'arrondissement trop larges.

Conseil pro : ne mélangez pas "rue calme" et "axe bruyant". Faites deux sous-échantillons.

Cas 2 - Lyon : même quartier, deux marchés

Dans certains secteurs lyonnais, deux rues voisines peuvent avoir :

  • une dynamique commerciale différente,
  • un niveau de nuisance différent,
  • un standing d'immeuble différent.

DVF permet de montrer que vous connaissez la granularité du secteur.

Cas 3 - Zone rurale : le piège du faible volume

En campagne, il y a parfois peu de transactions comparables. DVF reste utile si vous :

  • élargissez progressivement le rayon (commune → communes voisines),
  • élargissez le temps (12-24 mois),
  • comparez aussi par typologie (maison 3 chambres, terrain, dépendances).

Astuce : expliquez au vendeur la réalité du volume ("On a moins de comparables, donc on raisonne avec plus de prudence, mais on garde des ventes réelles.")

DVF et estimation : comment l'utiliser en rendez-vous vendeur (sans perdre le client)

1) Ne montrez pas 40 ventes : montrez 7 preuves

Votre rendez-vous n'est pas un cours de data. C'est une prise de décision.

Structure simple :

  • 2 ventes "plancher"
  • 3 ventes "cœur de marché"
  • 2 ventes "plafond"

2) Racontez une histoire logique

  • "Voici les ventes les plus proches"
  • "Voici ce qui tire le prix vers le haut/bas"
  • "Voici pourquoi votre bien se place ici"
  • "Voici la stratégie si on veut vendre vite / au meilleur prix"

3) Anticipez les objections classiques

  • "Mon voisin a vendu..." → oui, mais (date / lots / état / étage)
  • "Sur internet c'est plus cher..." → annonces ≠ ventes
  • "Je veux tester" → stratégie test avec jalons et ajustement planifié

Pour vous aider sur l'argumentaire, vous pouvez aussi vous appuyer sur nos conseils pour répondre aux objections des vendeurs (techniques simples, efficaces, sans pression).

Outils et workflows pour exploiter DVF (du simple au costaud)

Niveau 1 - "Rapide et efficace"

  • App DVF (carte)
  • Export / capture des ventes proches
  • Calcul rapide de fourchette + argumentaire

Niveau 2 - "Mandataire qui veut industrialiser"

  • DVF géolocalisée (CSV)
  • Tableur (Excel / Sheets) + filtres
  • Médiane €/m² + outliers + comparables A/B/C

Niveau 3 - "Analyse avancée"

  • DVF+ (Cerema)
  • QGIS / Power BI / scripts
  • Segmentation par période, micro-zone, typologie

Et si vous cherchez une approche plus globale "outil + métier", découvrez l'écosystème MeilleursBiens :

Cadre légal, limites et bonnes pratiques (à connaître absolument)

DVF contient des données sensibles : vous devez l'utiliser avec éthique et sans permettre d'identifier des personnes.

Limites importantes

  • DVF ne vous dit pas l'état réel du bien (travaux, qualité, vue, bruit...).
  • Les ventes peuvent apparaître avec un délai (enregistrement).
  • Certaines zones ne sont pas couvertes (selon spécificités locales).
  • Les lots et dépendances peuvent biaiser le prix si vous ne filtrez pas.

Bonnes pratiques "pro"

  • ne publiez pas de pages indexables qui permettraient de ré-identifier des personnes,
  • utilisez DVF comme base de preuve, pas comme argument d'autorité absolu,
  • vérifiez sur le terrain quand une vente semble "trop belle pour être vraie".

DVF + prospection : une arme GEO pour devenir "l'expert du quartier"

DVF ne sert pas qu'à estimer : elle vous aide aussi à vous positionner localement.

Exemples de contenus GEO qui convertissent :

  • "Prix des appartements T3 vendus à [quartier] sur 12 mois"
  • "Évolution des ventes à [ville] : ce que montrent les données DVF"
  • "Top 5 des rues les plus valorisées autour de [station / école]"

Pour transformer ces analyses en visibilité et mandats, vous pouvez appliquer nos méthodes de terrain + digital :

Conclusion : DVF immobilier, c'est puissant... si vous l'exploitez comme un pro

DVF est une base officielle et très riche, mais elle ne "donne pas" une estimation : elle fournit les briques pour construire une estimation crédible. En appliquant :

  • 3 filtres (temps / lieu / produit),
  • un nettoyage simple,
  • une sélection de comparables A,
  • une fourchette argumentée,

...vous obtenez des prix immobiliers réels exploitables en rendez-vous, et vous renforcez votre posture d'expert.

Rendez-vous d'estimation immobilière

Liens externes utiles (nouvel onglet)

FAQ - DVF immobilier (exploitation, fiabilité, méthode)

FAQ
DVF donne-t-elle le "vrai prix" d'un bien ?

DVF donne le prix de la mutation enregistrée, ce qui est une base très fiable pour comparer. Mais elle ne détaille pas l'état du bien, la vue, les travaux, ni certains éléments qualitatifs : vous devez donc ajuster avec votre expertise.

Quelle période DVF faut-il utiliser pour estimer ?

Idéalement, 3 à 12 mois selon la dynamique du marché. Si le volume est faible (rural), vous pouvez élargir à 12-24 mois, en expliquant la méthode au vendeur.

Comment éviter les faux comparables (lots, parking, cave) ?

En filtrant : vérifiez le nombre de lots et la nature du bien. Gardez comme "comparables principaux" des ventes mono-lot ou parfaitement comprises, et utilisez les ventes multi-lots en soutien.

DVF inclut-elle les frais de notaire ou les frais d'agence ?

Présentez 7 preuves maximum : 5 comparables très proches + 2 de cadrage. Expliquez vos filtres (temps/lieu/produit), puis donnez une fourchette et une stratégie de mise en marché.

Quelle est la meilleure façon d'utiliser DVF en rendez-vous vendeur ?

Présentez 7 preuves maximum : 5 comparables très proches + 2 de cadrage. Expliquez vos filtres (temps/lieu/produit), puis donnez une fourchette et une stratégie de mise en marché.

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